« Osez prendre votre place »- une injonction à l’approche bienveillante mais parfois culpabilisante.

Avant d’oser prendre sa place, il convient surtout d’identifier quelle stratégie on met en place pour ne pas la prendre. Vous constaterez que l’audace ne fait pas partie des ingrédients qui composent la recette du succès, mais que ça en est simplement la résultante.

Je devais avoir 14 ans la première fois où je me suis sérieusement posée la question de la direction dans laquelle je pourrais diriger ma vie professionnelle.

Très intéressée par l’art, l’artisanat et l’histoire, je souhaitais travailler dans l’expertise d’art.

Ma mère m’accompagne alors sur un salon dédié aux métiers d’art avec l’objectif de rencontrer des spécialistes et ainsi, leur poser les questions nécessaires pour bien m’orienter.

Réponse dudit expert :

“Si personne de votre famille n’est dans l’expertise d’art, vous pouvez oublier, jamais vous n’exercez ce métier.”

Une seule phrase a donc suffit à anéantir cette ambition – l’expert avait parlé, il était à mes yeux l’autorité sachante, c’est lui qui avait raison.

Cette croyance, à l’origine de tout un schéma de fonctionnement qu’on peut appeler l’auto-sabotage, il s’est reproduit tout au long de la première partie de ma carrière professionnelle et je dirais même, de ma vie.

Cet homme avait abattu un arbre, mais pas la forêt car je suis une personne un tantinet obstinée.

Soit, je ne ferai pas d’expertise, mais je travaillerai tout de même dans les institutions culturelles. Mon bac littéraire option Histoire de l’Art en poche, direction la Fac d’Histoire de l’Art et d’Archéologie.

Première heure de cours, premier speech du premier prof :

“Bienvenue dans une des voies les plus bouchées de l’Université, pour ceux qui s’inquiètent de trouver une place assise, ne vous en faite pas, d’ici à janvier vous trouverez toute la place que vous voulez. Et oui, Mesdemoiselles et Messieurs, je suis aux regrets de vous annoncer qu’à la fin du 1er semestre, la moitié d’entre vous aura abandonné.”

Le sachant avait parlé, la voie que j’avais empruntée était un cul de sac !

Maladroitement et bien malgré lui, ce professeur avait planté une graine putride dans mon esprit, qui, pendant 3 ans, a poursuivi sa germination stérile, me laissant penser inconsciemment que tout ce que j’étais en train de faire ne mènerait à rien.

Il m’a fallu du temps pour l’intellectualiser, mais alors que j’étudiais des matières qui me passionnaient, mon élan vital se tarissait à mesure que le temps passait ; tout simplement parce qu’un sachant m’avait expliqué à 17 ans que je déployais mon énergie dans un projet mort né. Et oui, dans un monde où seul le résultat compte, personne ne m’a permis de croire que ces 3 années de recherche allaient m’apporter quelque chose de précieux pour la suite de mon aventure.

Comme je suis persévérante, j’ai poursuivis mes études, validé mes diplômes, puis arrivent les premiers stages, les premières expériences professionnelles. Je suis amenée à rencontrer du monde, beaucoup de monde et de plus en plus de sachants.

Ce scénario du sachant sachant des choses toujours mieux que moi pour moi même, se reproduit encore et encore et encore, m’amenant à faire des tours, des détours, des contours, des allers-retours et me laissant toujours à penser qu’il n’y avait pas de place pour moi.

A l’occasion d’une embauche, je suis présentée quelques jours après mon arrivée à une personne jouant un rôle important dans l’organisation de l’entreprise, et cette dernière me dit :

“Ah, c’est toi qui a été embauchée pour travailler sur ce projet de merde.”

Je suis passée d’une certaine fierté et un enthousiasme débordant à l’idée d’être introduite à cette personne, à un anéantissement total.

La figure d’autorité avait parlé, j’ai eu l’impression de ne faire plus qu’un avec le projet ; je ne serais donc rien qui vaille dans cette organisation.

Et ainsi a été ma vie professionnelle jusqu’à ce qu’un jour, entièrement vidée de mon énergie vitale, en ne sachant plus quelle était ma place, me laissant ballotée et parfois piétinée par des sachants qui eux en savaient un peu trop, j’ai décidé de faire un arrêt sur image.

Pourquoi les figures que j’estime être d’autorité ont-elles un tel pouvoir sur moi ? Comment puis-je faire pour modifier mes pensées, mes émotions, mes réactions au lieu de me laisser anéantir par leur égo ?

Identifier et analyser le problème, c’est la première partie du processus, vient ensuite l’étape complexe mais néanmoins essentielle de la reconnexion à soi, enfin, le changement opère grâce à la modification de notre stratégie de pensées et de fonctionnement.

Oser prendre sa place, c’est avant toute chose comprendre comment on s’y prend pour ne pas oser la prendre.

Vous aussi vous voulez découvrir votre infaillible stratégie d’échec et peut-être la repenser en infaillible stratégie de réussite, alors n’hésitez pas, parlons en gratuitement à l’occasion de votre RDV Exploratoire.

La prochaine fois que vous tomberez sur cette injonction : « Osez prendre votre place » – gardez plutôt à l’esprit d’oser vous reconnectez à vous même.

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